
S’enforester ᓭᒪᓇᕐᑐᒦᑦᑐᖅ est un projet de résidences et d’expositions qui invite les artistes à développer une recherche ancrée dans une expérience directe de la forêt, envisagée comme un milieu vivant, complexe et interdépendant. Inspiré d’un ancien verbe français signifiant « entrer dans la forêt », le projet mobilise ce terme pour désigner un processus d’immersion, d’attention et de relation au territoire. Le mot inuktitut ᓭᒪᓇᕐᑐᒦᑦᑐᖅ (saimanartumiittuq) évoque quant à lui un lieu apaisant, où l’on se sent en équilibre. Ensemble, ces deux termes ouvrent un espace de recherche sensible autour des liens entre création, territoire et expériences du vivant.
Les artistes sont invité·e·s à engager leur démarche dans une relation avec le territoire, en portant attention aux rythmes, aux formes de vie et aux dynamiques qui le traversent. Le projet propose un contexte propice au ralentissement, à l’observation et à l’expérimentation, où la création émerge d’une expérience directe et prolongée du milieu.
S’enforester accueille des artistes issu·e·s de différentes réalités territoriales, dont des artistes du Nunavik, et met en relation des expériences du territoire déjà riches et situées. La rencontre entre ces perspectives ouvre un espace de dialogue où les déplacements géographiques, culturels et sensibles participent à transformer les manières de percevoir, de créer et d’habiter.
Le projet encourage des pratiques interdisciplinaires attentives aux notions de trace, de mémoire et d’interdépendance, ainsi qu’aux relations entre humains et non-humains. Il propose un cadre de recherche-création où le territoire agit comme partenaire actif, contribuant à façonner les processus et les formes artistiques.
ARTISTES:
AKINASI PARTRIDGE, MARJOLAINE BOURDUA, SARA A.TREMBLAY, THOMAS WHITELEY, VIDA SIMON
Co-commissaires : Véronique La Perrière M, Institut culturel Avataq et Atelier de l'île
En partenariat avec l'INSTITUT CULTUREL AVATAQ, le MAC LAU (Musée d'art contemporaine des Laurentides), le Centre Sagamie, Atoll art actuel, le Parc régional Val-David Val-Morin et KM42. Avec le soutien financier du Conseil des arts et lettres du Québec et de la municipalité de Val-Morin
Merci au Calq et la municipalité de Val-David pour leur soutien financier


Résidences de création et d'exploration
MARJOLAINE BOURDUA
13 AU 25 JUILLET

Marjolaine Bourdua mènera des observations du vivant tant dans le contexte forestier que celui de l’atelier partagé. Les traces perceptibles de l’atelier et les dynamiques collaboratives seront réfléchies autour de la notion de porosité, de proximité et d’interdépendance. La dynamique des espaces partagés, les cycles de production, la structure organisationnelle, le partage des ressources, sont autant d’éléments qui sous-tendent et influent sur la création dans un contexte de coopération. En prêtant attention aux objets usuels, parcours des corps, traces, outils et idées qui y circulent, l’artiste cherche à transposer ces dynamiques collaboratives dans un éventuel travail installatif.
Le temps d’immersion en nature sera aussi l’occasion d’expérimenter des captures vidéos (avec téléphone intelligent). Réalisées de manière lente et sensorielle à l’échelle des végétaux, elles ouvriront un rapport de proximité autour de l’idée de « toucher avec les yeux »
En écho à cette pratique d'attention portée aux matières et aux gestes, l’artiste poursuivra aussi des expérimentations de la vannerie dans une perspective de ralentissement et de régénérescence ancré dans la sculpture.
Crédit photo: Paul Litherland
Bio:
Marjolaine Bourdua est une artiste visuelle basée à Tiohtià:ke/Montréal. Depuis plus de quinze ans, elle développe une pratique ancrée dans la sculpture et l’installation où le geste et les processus de transmission occupent une place centrale et sont pensés comme une posture de résistance. Elle détient une maîtrise en arts visuels de la Villa Arson en France (DNSEP), ainsi qu’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, où elle a reçu la bourse Pierre-Luc d’Orsonnens. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives au Québec, en France et en Allemagne, notamment à la Fondation PHI, au Musée d'art de Joliette, au MAC LAU, au Centre Optica, à la Maison des arts de Laval, à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement ainsi qu’au Centre Clark, où elle est membre active depuis 2011.
SARA A.TREMBLAY
13 AU 26 JUILLET
Sara A.Tremblay rassemble des végétaux variés, des objets glanés et fabriqués, des œuvres imprimées, pour construire une installation extérieure qu’elle souhaite habiter, investir et moduler pendant sa résidence; s’entourer d’objets familiers dans le but de créer un endroit hospitalier, domestique, en plein air. À la manière de ses projets de résidences en Tunisie (2024) et en Suède (2011-2013), où elle a investi les lieux par la réalisation de performances – dont plusieurs photographies sont issues –, sa présence se manifestera ici à travers un projet in situ, évolutif et habité, poursuivant ainsi une démarche entamée depuis plusieurs années.

Sara A.Tremblay, Chambre-jardin (for one), installation et performance Crédit photo: Diogo Pereira
Bio:
Originaire des Éboulements, Sara A.Tremblay détient un baccalauréat et une maîtrise en photographie de l'Université Concordia. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le Québec, notamment à la Galerie B-312 (2023), au MNBAQ en tant que lauréate du Prix en art actuel du MNBAQ 2023 et au Musée Colby-Curtis dans le cadre d’un projet en duo avec Anne-Marie Proulx (2023-2024), qui sera présenté à OPTICA en septembre 2026. Elle a participé à plusieurs résidences artistiques, en Suède, en Tunisie, ainsi qu'au Québec, dont la plus récente à Est-Nord-Est au printemps 2026.
VIDA SIMON
20 AU 26 JUILLET

Crédit photo: Jack Stanley
Mon projet s'articule autour d'un livre géant, artisanal, que je vais animer par le biais du dessin en continu. Je considère ce livre comme un théâtre portable, pouvant s’adapter à divers contextes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce travail s’inscrit dans la continuité de mon exploration du dessin en tant que pratique incarnée, mais la structure du livre ouvre de nouvelles possibilités en termes d’échelle, de physicalité, de narration et d’apparition/disparition. Dans le cadre de mes recherches sur le terrain pour ce livre, je vais collecter des spécimens végétaux que je dessinerai à l’aide d’un microscope. J’imagine que ce processus de magnification approfondira mon engagement dans le «dessin à l’aveugle», en m’observant les subtilités du spécimen avec une concentration accrue. Dans un autre jeu d’échelle, je découvre que lorsque j’appuie ou que je fais rouler mon corps sur les pages, je mets en scène le processus de gravure : le fusain imprime ma peau et mes vêtements, élargissant encore les couches du palimpseste.
Bio:
Vida Simon combine divers supports pour créer des installations et des performances in situ. Elle a présenté son travail à l’échelle internationale dans des contextes variés (galeries, chambres d’hôtel, dévantures de magasins, théâtres, toits…) et redonne souvent vie à d’anciens lieux (une maison abandonnée, une synagogue, une écurie, une petite église, un sanatorium, un bureau, un restaurant…). Carried Away, une collaboration continue avec Jack Stanley qui a été présentée au Canada, en Italie, au Sénégal, en Espagne, en Slovaquie, en Inde et en Colombie, fait partie intégrante de sa pratique. Le travail de Simon met en avant l’intimité, la fragilité, l’improvisation et l’éphémère. En 2021, elle a publié son premier livre pour enfants, L’univers bleu d’Anouka.

















