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 S’enforester ᓭᒪᓇᕐᑐᒦᑦᑐᖅ est un projet de résidences et d’expositions qui invite les artistes à développer une recherche ancrée dans une expérience directe de la forêt, envisagée comme un milieu vivant, complexe et interdépendant. Inspiré d’un ancien verbe français signifiant « entrer dans la forêt », le projet mobilise ce terme pour désigner un processus d’immersion, d’attention et de relation au territoire. Le mot inuktitut ᓭᒪᓇᕐᑐᒦᑦᑐᖅ (saimanartumiittuq) évoque quant à lui un lieu apaisant, où l’on se sent en équilibre. Ensemble, ces deux termes ouvrent un espace de recherche sensible autour des liens entre création, territoire et expériences du vivant.

Les artistes sont invité·e·s à engager leur démarche dans une relation avec le territoire, en portant attention aux rythmes, aux formes de vie et aux dynamiques qui le traversent. Le projet propose un contexte propice au ralentissement, à l’observation et à l’expérimentation, où la création émerge d’une expérience directe et prolongée du milieu.

S’enforester accueille des artistes issu·e·s de différentes réalités territoriales, dont des artistes du Nunavik, et met en relation des expériences du territoire déjà riches et situées. La rencontre entre ces perspectives ouvre un espace de dialogue où les déplacements géographiques, culturels et sensibles participent à transformer les manières de percevoir, de créer et d’habiter.

 

Le projet encourage des pratiques interdisciplinaires attentives aux notions de trace, de mémoire et d’interdépendance, ainsi qu’aux relations entre humains et non-humains. Il propose un cadre de recherche-création où le territoire agit comme partenaire actif, contribuant à façonner les processus et les formes artistiques.

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ARTISTES:
AKINASI PARTRIDGE, MARJOLAINE BOURDUA, SARA A.TREMBLAY, VIDA SIMON, THOMAS WHITELEY

Co-commissaires : Véronique La Perrière M, Institut culturel Avataq et Atelier de l'île

En partenariat avec l'INSTITUT CULTUREL AVATAQ, le MAC LAU (Musée d'art contemporaine des Laurentides), le Centre SagamieAtoll art actuel, le Parc régional Val-David Val-Morin et KM42. Merci à Chany Lagueux, graphiste, pour le visuel.

Avec le soutien financier du Conseil des arts et lettres du Québec et de la municipalité de Val-David

Merci au Calq et la municipalité de Val-David pour leur soutien financier

Résidences de création et d'exploration
En cours

VIDA SIMON

semaine 2

24 AOÛT - 1er SEPTEMBRE

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Crédit photo: Derek Olive

Le tonnerre gronde et je jette un œil aux spécimens posés sur les lames de verre pour voir s'ils vont s'envoler. Nous sommes dans le royaume de la fragilité. Je prends conscience que tout – moi y compris – perd de la poussière, de la peau ou des particules. Des géants qui ne remarquent pas nos traces.

 

Au cours de ma première résidence, j’ai travaillé à la microscopie en plein air, en dessinant à partir de spécimens collectés, et j’ai choisi de ne pas les étiqueter, afin de m’orienter vers un langage plus abstrait et sensoriel. Par ailleurs, lors de ma visite au Parc régional de Val-David, j’ai été saisie par les pierres erratiques : la façon dont leur échelle crée étonnamment une atmosphère de mystère et d'intimité, nous obligeant à changer de parcours, à déambuler. J’ai hâte de poursuivre mon exploration de l’incarnation micro/macro, en oscillant entre le dessin, la gravure, les gestes performatifs et la vidéo.

À venir

AKINASI PARTRIDGE

AKINASI PARTRIDGE
12 AU 30 OCTOBRE

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S’inspirant de ses études sur le mokuhanaga (gravure sur bois) au Japon, qui a donné naissance à l’art de l’impression inuite dans l’Inuit Nunangat dans les années 1950 et 1960, Akinasi Silaapik Partridge explorera et expérimentera les techniques de gravure sur bois afin de créer de nouvelles œuvres qui rendent hommage à ses cultures inuite et kanien’kehá:ka. Ancrée dans le lien avec les terres, les noms et les récits de la création de ses cultures respectives, tels que ceux de la Femme du Ciel et de Sedna, elle consacrera ce temps à se connecter à la vie végétale et animale de cet environnement afin d’incarner les valeurs inuites de pilimmaksarniq/pijariuqsarniq : le développement des compétences par l’observation, le mentorat, la pratique et l’effort.

Brève biographie :

 

Akinasi Silaapik Partridge (elle) est une artiste inuite et mohawk « 2-Spirit » originaire de Kuujjuaq, au Nunavik, et du territoire mohawk de Kahnawake.

Elle travaille principalement dans le domaine de l’illustration, représentant souvent des scènes de la vie quotidienne d’une personne autochtone urbaine queer, ainsi que des récits traditionnels inuits et mohawks axés sur les liens avec la terre et la nature, par le biais de la gravure, du perlage et du cinéma. Après avoir appris la linogravure chez elle, elle a participé à une résidence de gravure sur bois au Japon en juin 2024. En explorant le lien entre la tradition japonaise de l’impression, qui a servi de base à de nombreux artistes inuits prolifiques dans le domaine de la gravure dans les années 1950 et 1960, elle a créé sa toute première gravure sur bois. Présentée dans le numéro du printemps 2025 de la revue *Inuit Art Quarterly* dans la rubrique « Profil d’artiste » sous le titre « Embrace », cette œuvre est une interprétation du « sea go » Inuit Nuliajuk, la déesse de la mer – Sedna.

Depuis son retour du Japon, où elle a suivi un cours intensif lui permettant d’acquérir les techniques de base nécessaires à la création professionnelle de mangas, elle s’est lancée dans la création de bandes dessinées. Elle travaille actuellement sur son propre manga de 18 pages, une histoire unique qui marquera ses débuts et explorera la vie d’une jeune Inuite urbaine queer.

À travers son œuvre, elle reflète ses propres expériences vécues tout en espérant créer un espace où les personnes queer et les peuples autochtones du monde entier puissent tisser des liens, se reconnaître et puiser de la force dans leur identité et leurs origines.

MARJOLAINE BOURDUA

MARJOLAINE BOURDUA
13 AU 25 JUILLET
23 AU 28 OCTOBRE

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Marjolaine Bourdua mènera des observations du vivant tant dans le contexte forestier que celui de l’atelier partagé. Les traces perceptibles de l’atelier et les dynamiques collaboratives seront réfléchies autour de la notion de porosité, de proximité et d’interdépendance. La dynamique des espaces partagés, les cycles de production, la structure organisationnelle, le partage des ressources, sont autant d’éléments qui sous-tendent et influent sur la création dans un contexte de coopération. En prêtant attention aux objets usuels, parcours des corps, traces, outils et idées qui y circulent, l’artiste cherche à transposer ces dynamiques collaboratives dans un éventuel travail installatif.

Le temps d’immersion en nature sera aussi l’occasion d’expérimenter des captures vidéos (avec téléphone intelligent). Réalisées de manière lente et sensorielle à l’échelle des végétaux, elles ouvriront un rapport de proximité autour de l’idée de « toucher avec les yeux »

En écho à cette pratique d'attention portée aux matières et aux gestes, l’artiste poursuivra aussi des expérimentations de la vannerie dans une perspective de ralentissement et de régénérescence ancré dans la sculpture.

Crédit photo: Paul Litherland

Bio:

Marjolaine Bourdua est une artiste visuelle basée à Tiohtià:ke/Montréal. Depuis plus de quinze ans, elle développe une pratique ancrée dans la sculpture et l’installation où le geste et les processus de transmission occupent une place centrale et sont pensés comme une posture de résistance. Elle détient une maîtrise en arts visuels de la Villa Arson en France (DNSEP), ainsi qu’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, où elle a reçu la bourse Pierre-Luc d’Orsonnens. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives au Québec, en France et en Allemagne, notamment à la Fondation PHI, au Musée d'art de Joliette, au MAC LAU, au Centre Optica, à la Maison des arts de Laval, à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement ainsi qu’au Centre Clark, où elle est membre active depuis 2011.

SARA A.TREMBLAY
13 AU 26 JUILLET
27 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE

 

SARA A.TREMBLAY

Sara A.Tremblay rassemble des végétaux variés, des objets glanés et fabriqués, des œuvres imprimées, pour construire une installation extérieure qu’elle souhaite habiter, investir et moduler pendant sa résidence; s’entourer d’objets familiers dans le but de créer un endroit hospitalier, domestique, en plein air. À la manière de ses projets de résidences en Tunisie (2024) et en Suède (2011-2013), où elle a investi les lieux par la réalisation de performances – dont plusieurs photographies sont issues –, sa présence se manifestera ici à travers un projet in situ, évolutif et habité, poursuivant ainsi une démarche entamée depuis plusieurs années.

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Chambre-jardin (for one), installation et performance     

Crédit photo: Diogo Pereira 

Bio:

​Originaire des Éboulements, Sara A.Tremblay détient un baccalauréat et une maîtrise en photographie de l'Université Concordia. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le Québec, notamment à la Galerie B-312 (2023), au MNBAQ en tant que lauréate du Prix en art actuel du MNBAQ 2023 et au Musée Colby-Curtis dans le cadre d’un projet en duo avec Anne-Marie Proulx (2023-2024), qui sera présenté à OPTICA en septembre 2026. Elle a participé à plusieurs résidences artistiques, en Suède, en Tunisie, ainsi qu'au Québec, dont la plus récente à Est-Nord-Est au printemps 2026.

VIDA SIMON

VIDA SIMON

20 AU 26 JUILLET

26 AOÛT AU 1ER SEPTEMBRE

5 AU 13 OCTOBRE

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Crédit photo: Jack Stanley

Mon projet s'articule autour d'un livre géant, artisanal, que je vais animer par le biais du dessin en continu. Je considère ce livre comme un théâtre portable, pouvant s’adapter à divers contextes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce travail s’inscrit dans la continuité de mon exploration du dessin en tant que pratique incarnée, mais la structure du livre ouvre de nouvelles possibilités en termes d’échelle, de physicalité, de narration et d’apparition/disparition. Dans le cadre de mes recherches sur le terrain pour ce livre, je vais collecter des spécimens végétaux que je dessinerai à l’aide d’un microscope. J’imagine que ce processus de magnification approfondira mon engagement dans le «dessin à l’aveugle», en m’observant les subtilités du spécimen avec une concentration accrue. Dans un autre jeu d’échelle, je découvre que lorsque j’appuie ou que je fais rouler mon corps sur les pages, je mets en scène le processus de gravure : le fusain imprime ma peau et mes vêtements, élargissant encore les couches du palimpseste.

Bio:

Vida Simon combine divers supports pour créer des installations et des performances in situ. Elle a présenté son travail à l’échelle internationale dans des contextes variés (galeries, chambres d’hôtel, dévantures de magasins, théâtres, toits…) et redonne souvent vie à d’anciens lieux (une maison abandonnée, une synagogue, une écurie, une petite église, un sanatorium, un bureau, un restaurant…). Carried Away, une collaboration continue avec Jack Stanley qui a été présentée au Canada, en Italie, au Sénégal, en Espagne, en Slovaquie, en Inde et en Colombie, fait partie intégrante de sa pratique. Le travail de Simon met en avant l’intimité, la fragilité, l’improvisation et l’éphémère. En 2021, elle a publié son premier livre pour enfants, L’univers bleu d’Anouka.

THOMAS WHITELEY
12 AU 30 OCTOBRE

THOMAS WHITELEY
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- Au cours de cette résidence, j’aimerais me familiariser davantage avec le matériel d’un atelier d’impression, car je n’ai jusqu’à présent travaillé que dans mon appartement avec des ressources limitées. J’aimerais également expérimenter différentes techniques d’impression, comme la réalisation d’estampes multicolores plus élaborées (et trouver la bonne méthode pour le repérage de ces estampes à plusieurs couches), ainsi que la lithographie; mais j’aurais besoin qu’on me montre comment procéder et qu’on me conseille sur le matériel à me procurer. Je dispose déjà de certains matériaux pour les techniques que je maîtrise, mais j’aurais besoin de conseils sur ce qu’il faut me procurer pour la lithographie.

Brève biographie

- Thomas Whiteley est un graveur établi à Kuujjuaq, au Québec. Bien qu’il se soit toujours intéressé à l’art, ce n’est qu’en 2024 qu’il a commencé à se consacrer plus sérieusement à la gravure. Après avoir suivi une formation de trois semaines auprès de l’artiste professionnelle Nadine Bariteau à Kuujjuaq, il a acquis de nouveaux outils et techniques pour développer sa pratique artistique. Depuis lors, Whiteley a créé un grand nombre d’estampes. Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries, telles que la Galerie Tivi (Kuujjuaq), La Guilde (Montréal) et la Campbell River Art Gallery (C.-B.), et font partie d’une collection institutionnelle. En 2025, il a également reçu une subvention du Conseil des arts du Canada. Son travail de pilote pour Air Inuit continue d’alimenter son inspiration artistique en lui offrant une perspective unique sur les paysages nordiques et la culture inuite. Aujourd’hui, Whiteley se spécialise dans la gravure sur bois et la linogravure. Il continue de se consacrer à la représentation de son mode de vie nordique, de la culture inuite moderne et de sa relation avec la terre et les animaux.

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Atelier de l'Île

Centre de production en art imprimé

1289 Jean-Baptiste-Dufresne

Val-David (Québec) J0T 2N0 
Canada

1 819 322-6359

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